Nouvelles découvertes sur les mécanismes de réparation des télomères des cellules cancéreuses offrent un espoir pour de futures thérapies

Des scientifiques de l’Université de Pittsburgh et de l’Université Case Western Reserve ont réalisé des avancées significatives dans la compréhension de la manière dont les cellules cancéreuses maintiennent leurs télomères, un composant essentiel à la survie cellulaire.

Les télomères, situés aux extrémités des chromosomes, raccourcissent à chaque division cellulaire, mais les cellules cancéreuses peuvent allonger ces structures en utilisant soit l’enzyme télomérase, soit la voie d’allongement alternatif des télomères (ALT).

La recherche biologique identifie une protéine ALT clé

Une technique novatrice appelée BLOCK-ID, mise au point par des chercheurs de l’Université de Pittsburgh, apporte un nouvel éclairage sur la voie ALT.

BLOCK-ID utilise la biotinylation de réseaux LacO pour identifier les protéines impliquées dans le stress de réplication de l’ADN, menant à la découverte de TRIM24 comme acteur essentiel de l’ALT.

TRIM24 est dirigée vers les télomères par une cascade de signalisation de la chromatine dépendante de l’acétylation reposant sur p300 et la protéine de liaison CREB (CBP), favorisant la synthèse de novo de l’ADN télomérique.

Ce processus est crucial pour la survie des cellules cancéreuses, car l’élimination de TRIM24 dans les cellules ALT affecte fortement leur capacité à réparer les télomères.

Parallèlement, des chercheurs de l’Université Case Western Reserve, dirigés par William Schiemann, ont découvert que la régulation de l’ALT dépasse l’entretien des télomères. Elle influence également les voies de signalisation cytoplasmiques liées à la progression du cancer, à la résistance à la chimiothérapie et au développement des cellules souches cancéreuses.

Ces résultats suggèrent que cibler les mécanismes ALT pourrait offrir une nouvelle voie pour le traitement du cancer.

Voies émergentes pour le traitement du cancer

Bien que la recherche en soit encore au stade de laboratoire, de futurs essais cliniques pourraient examiner le potentiel thérapeutique de l’inhibition de cette voie chez les patients.

« L’ALT est présente dans certains des pires cancers, tels que les tumeurs neuroendocrines pancréatiques, les ostéosarcomes et certains gliomes. Interférer avec l’ALT dans ces cancers pourrait constituer une approche thérapeutique novatrice, représentant une immense fenêtre d’opportunité biomédicale », explique Roderick O’Sullivan, PhD, professeur au département de pharmacologie et de biologie chimique du Centre médical de l’Université de Pittsburgh (UPMC) ainsi qu’au UPMC Hillman Cancer Center.

Les avancées en protéomique et en biologie moléculaire élargissent le paysage du traitement du cancer, ouvrant la voie à des thérapies plus ciblées et plus efficaces qui pourraient considérablement améliorer la prise en charge des patients.

Une compréhension plus approfondie de ces processus biologiques complexes pourrait déboucher sur de nouvelles approches de la gestion du cancer, contribuant à de meilleures options de traitement et à de meilleurs résultats pour les patients dans le monde entier.