Pourquoi certaines personnes atteintes d’une maladie génétique grave restent-elles en bonne santé alors que d’autres développent une maladie du foie ? C’est la question à laquelle des chercheurs de toute l’Europe, notamment en Allemagne et au Danemark, ont commencé à répondre dans une nouvelle étude qui pourrait aider les patients en France et au-delà.
Le déficit en alpha-1-antitrypsine (AATD) est une maladie héréditaire rare. Les personnes qui en sont atteintes produisent une version défectueuse d’une protéine appelée alpha-1 antitrypsine, fabriquée dans le foie et destinée à protéger les poumons. Lorsque cette protéine se replie dans le mauvais sens, elle s’accumule dans le foie au lieu d’atteindre les poumons, ce qui entraîne des problèmes tels que la BPCO et, dans certains cas, une fibrose du foie, voire des tumeurs.
Mais voici le mystère : bien que de nombreux patients présentent la même mutation génétique, seul un tiers d’entre eux environ développe de graves lésions hépatiques. Pour comprendre pourquoi, les chercheurs ont utilisé une méthode avancée appelée Deep Visual Proteomics. Cette méthode combine l’analyse d’images par l’IA et la spectrométrie de masse pour examiner de près le tissu hépatique.
Les formes des protéines révèlent le risque
L’équipe a trouvé deux formes différentes d’accumulation de protéines. La première ressemblait à de minuscules miettes et était liée à une réponse protectrice à l’intérieur des cellules, en particulier dans des compartiments appelés peroxysomes. La seconde, en forme de boules rondes, est apparue lorsque la maladie a progressé. Les personnes qui n’ont pas développé de maladie du foie avaient cette réponse cellulaire précoce, alors que celles qui sont tombées malades ne l’avaient pas.
If you experience shortness of breath just after a mild activity,
Then you could be having an Alpha-1 Antitrypsin (AAT) deficiency
An enzyme that protects 90% of your lungs from elastase damage by inhaled irritants
AAT Lab test is the most specific test to diagnose such Def. pic.twitter.com/0MbDZWrEeH
— Simon Peter Okello (@SimonPeterOkel9) November 12, 2024
On espère maintenant utiliser ces connaissances pour mettre au point un système d’alerte capable de repérer les lésions hépatiques avant l’apparition des symptômes. Elles pourraient également aider les médecins à mieux comprendre d’autres maladies causées par l’accumulation de protéines, comme la maladie de Parkinson ou la maladie d’Alzheimer. Il pourrait s’agir d’un grand pas en avant pour les soins aux patients en France et dans d’autres pays qui s’intéressent de plus en plus à la médecine personnalisée.